Le rôle de vice-président d’association est souvent méconnu, voire considéré comme une simple formalité administrative. Pourtant, cette position revêt une importance stratégique dans la gouvernance d’une association loi 1901. Cet article vous propose une exploration complète du rôle, des attributions et du cadre juridique du vice-président d’association.
Définition et cadre juridique du vice-président d’association
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la loi 1901 sur les associations ne mentionne pas explicitement le poste de vice-président. La structure de direction d’une association est entièrement définie par les statuts de l’organisation. Cette absence de disposition légale est en réalité une force : elle offre aux associations une grande flexibilité dans l’organisation de leur gouvernance.
Le vice-président existe donc uniquement en vertu des statuts de l’association. Il s’agit d’une création contractuelle, non imposée par la loi. Cette distinction est fondamentale : aucune association n’est légalement obligée de désigner un vice-président. Cette fonction est purement statutaire, c’est-à-dire que seul le choix de l’association, formalisé dans ses statuts ou lors d’une assemblée générale, crée l’existence et la légitimité de ce poste.
Quand créer un poste de vice-président ?
La création d’un poste de vice-président dépend entièrement de la structure, de la taille et des besoins de l’association. Plusieurs critères peuvent justifier cette création :
- Taille de l’association : Une association de grande taille, avec plusieurs salariés ou une gestion complexe, bénéficiera largement de l’existence d’un vice-président capable d’épauler le président.
- Absence fréquente du président : Si le président doit régulièrement s’absenter pour des raisons professionnelles ou personnelles, un vice-président peut assurer la continuité opérationnelle.
- Domaines d’expertise : Le vice-président peut représenter une expertise spécifique ou un domaine d’activité clé de l’association.
- Succession planifiée : Certaines associations utilisent le poste de vice-président comme tremplin vers la présidence, facilitant ainsi la transmission des responsabilités.
- Légitimité et gouvernance : Pour une association exposée médiatiquement ou ayant des responsabilités importantes, un vice-président renforce la légitimité des décisions collégiales.
À l’inverse, une petite association fonctionnant avec un bureau réduit et un président très disponible peut tout à fait fonctionner sans vice-président. La question centrale est : avons-nous besoin de partager les responsabilités du président ?
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Attributions et responsabilités du vice-président
Les attributions du vice-président doivent être précisées dans les statuts de l’association. Voici les responsabilités principales que l’on retrouve généralement :
Remplacement du président en cas d’absence
L’une des fonctions premières du vice-président est de suppléer le président en cas d’absence ou d’empêchement temporaire. Il s’agit d’une responsabilité majeure qui permet d’assurer la continuité administrative et opérationnelle de l’association. Cette substitution peut intervenir lors de réunions, de représentations externes, ou de décisions urgentes.
Cependant, cette substitution doit respecter des limites claires. Le rôle du président reste prépondérant. Le vice-président n’acquiert pas automatiquement les pleins pouvoirs du président lors d’une absence temporaire.
Missions statutaires spécifiques
Au-delà de la simple substitution, les statuts peuvent confier au vice-président des missions spécifiques : pilotage d’une commission, gestion d’un projet particulier, responsabilité financière ou gestion des ressources humaines. Ces attributions doivent être clairement définies pour éviter toute ambiguïté ou conflit.
Participation au bureau de l’association
Le vice-président fait généralement partie du bureau de l’association. À ce titre, il participe aux décisions collégiales, délibère sur les orientations stratégiques et contribue à la bonne gouvernance de l’association. Son avis est sollicité sur tous les sujets importants.
Conditions de remplacement du président
Le remplacement effectif du président nécessite de bien comprendre la distinction entre deux situations : l’absence temporaire et la vacance du poste.
Absence temporaire
En cas d’absence temporaire du président (maladie, voyage, occupation professionnelle urgent), le vice-président assume les responsabilités quotidiennes et opérationnelles. Cette substitution de fait ne requiert généralement pas de formalité particulière. Cependant, il est prudent que le président signale son absence à titre informatif.
Vacance du poste
Si le président décède, démissionne ou est destitué, on parle de vacance du poste. Dans ce cas, le cadre juridique dépend entièrement des statuts. Trois scénarios sont possibles :
- Succession automatique : Les statuts peuvent prévoir que le vice-président devient immédiatement président.
- Intérim : Le vice-président assure l’intérim en attendant une élection du nouveau président par l’assemblée générale.
- Absence de disposition : Si les statuts ne prévoient rien, c’est l’assemblée générale qui doit se réunir d’urgence pour pourvoir au poste vacant, sans que le vice-président n’ait de droits automatiques.
Il est donc essentiel que les statuts précisent clairement ces règles de succession pour éviter tout vide de gouvernance.
Limites de pouvoir et responsabilité
Bien que le vice-président occupe une position importante, ses pouvoirs sont limités. Il ne peut agir qu’en fonction des compétences qui lui sont explicitement confiées par les statuts ou par délégation du président et du bureau.
Les délégations de pouvoir doivent être claires et documentées. Une simple verbale n’est pas suffisante ; il est recommandé de formaliser par écrit les domaines dans lesquels le vice-président peut agir de manière autonome.
En matière de responsabilité, le vice-président engage sa responsabilité personnelle pour les actes qu’il pose au-delà de ses attributions ou en violation des statuts. La responsabilité civile et pénale d’un dirigeant d’association est une question sérieuse. Le vice-président ne peut invoquer qu’il « remplaçait le président » pour justifier un acte au-delà de ses compétences.
Relation avec le président et le bureau
Une bonne relation entre le président et le vice-président est essentielle au bon fonctionnement de l’association. Plusieurs principes devraient guider cette relation :
- Complémentarité : Les deux leaders doivent se compléter plutôt que de se concurrencer. Un vice-président qui cherche à contester systématiquement le président crée une paralysie décisionnelle.
- Communication transparente : Le président doit informer le vice-président des enjeux majeurs, notamment avant les réunions du bureau.
- Définition claire des rôles : Pour éviter les friction, les statuts et les usages doivent préciser qui fait quoi.
- Confiance mutuelle : Le président doit avoir confiance dans les capacités du vice-président à le suppléer ; le vice-président doit respecter l’autorité du président.
Questions fréquemment posées
1. Le vice-président peut-il engager l’association contractuellement ?
Cela dépend entièrement des statuts et des délégations de pouvoir. Un vice-président ne peut engager l’association que pour les actes qui entrent dans le cadre de ses attributions explicites. En cas de doute, un tiers contracterait avec un vice-président devrait vérifier auprès du président ou demander un mandat écrit.
2. Le vice-président doit-il être un membre de l’association ?
La loi 1901 ne l’exige pas, mais les statuts de l’association peuvent le prévoir. C’est un choix que chaque association doit faire au moment de la rédaction de ses statuts.
3. Peut-on avoir plusieurs vice-présidents ?
Oui, les statuts peuvent prévoir plusieurs vice-présidents avec des attributions différentes. Cela permet une meilleure répartition des responsabilités dans les grandes associations.
4. Qu’advient-il si le vice-président décède avant le président ?
Le poste devient vacant. L’assemblée générale doit procéder à une nouvelle élection, soit pour désigner un nouveau vice-président, soit pour laisser le poste vacant. Les statuts peuvent aussi prévoir que le troisième trésorier ou secrétaire accède au poste de vice-président.
5. Le vice-président a-t-il une responsabilité en cas de gestion défaillante du président ?
Le vice-président n’est responsable que des actes qu’il a personnellement posés. Il ne peut être tenu responsable des fautes du président, sauf s’il a facilité ou cautionné ces fautes. Cependant, en tant que membre du bureau, il a une responsabilité collective sur les décisions du bureau auxquelles il a participé.
Bonnes pratiques pour un vice-président efficace
- Développer une compréhension complète des statuts et de la gouvernance de l’association.
- Maintenir une communication régulière avec le président et les autres membres du bureau.
- Demander des délégations écrites pour les responsabilités qui lui sont confiées.
- Se tenir informé des enjeux stratégiques de l’association.
- Être disponible et réactif en cas d’absence du président.
- Contribuer activement aux réflexions collégiales du bureau.
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